L'Union du Cantal 18 juin 2020 à 17h00 | Par P.Olivieri

Un service de gardiennage équestre des troupeaux

Dirigeant une entreprise de sécurité privée, Aurélie Planche propose de venir en aide aux éleveurs.

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Nouvelle mission pour les agents de sécurité équestre : veiller sur les troupeaux face aux prédateurs.
Nouvelle mission pour les agents de sécurité équestre : veiller sur les troupeaux face aux prédateurs. - © AP

À la tête de la société de sécurité qu'elle a créée, Aurélie Planche pose un regard affûté sur son environnement, les évolutions et préoccupations qui traversent la société. Une analyse qui alimente les réflexions de la jeune chef d'entreprise aurillacoise et qui l'a conduite il y a deux ans à développer une prestation nouvelle, en complément de la surveillance des magasins, évènementiels... : la sécurité équestre, testée et approuvée entre autres lors de la fête des Cornets de Murat. Aujourd'hui, avec un petit temps de retard par rapport à son planning initial du fait du confinement, Sérénité sécurité privée élargit son offre, à destination d'un public bien particulier : les éleveurs sous la menace de la prédation du loup ou qui en ont déjà fait la douloureuse expérience.

Brigade équestre diurne, astreinte nocturne "J'ai fait quelques recherches sur le loup et constaté qu'il était de nouveau présent dans nos montagnes où des attaques sur des troupeaux de moutons ont été enregistrées. Le déclic a été pour moi l'attaque qu'il y a eu l'été dernier au Lioran et qui a obligé le berger à travailler quasiment 24 heures sur 24. Dans ces conditions, on ne peut pas être actif, ni réactif", explique Aurélie Planche qui a imaginé une solution pour les éleveurs sans vouloir pour autant remplacer les bergers, "un métier ancestral". "Mon but au contraire, c'est d'aider les éleveurs et bergers dans leur mission de tous les jours. J'ai donc créé ce service de gardiennage pour troupeau contre les prédations", poursuit-elle. Un concept a priori inédit avec un service de gardiennage de jour, via des agents évoluant à cheval, doublé d'un service d'astreinte, à pied, les attaques étant le plus souvent nocturnes. Ce service, qui assurera des rondes autour des lieux de pâturage en suivant le troupeau et des postes fixes, sera mobilisable rapidement à la demande des éleveurs, 24 h/24, 7 jours sur 7 à compter de juillet et jusque fin octobre.

Deux agents de sécurité équestre assureront le gardiennage diurne autour du troupeau, deux collègues à pied prendront le relais la nuit autour des brebis parquées. Si besoin, ces derniers seront accompagnés de deux patous dont la société s'est dotée. "C'est un service modulable, précise la chef d'entreprise. L'éleveur peut nous solliciter uniquement pour la journée, ou, a contrario, que pour la nuit. Sachant que ce sont toujours les mêmes huit agents, disposant de connaissances des animaux et de l'encadrement des troupeaux, qui interviendront durant toute la période estivale." Objectif : habituer le troupeau et leurs éventuels gardiens à quatre pattes à leur présence. "Si l'éleveur a déjà des chiens, il faudra un petit temps d'adaptation pour que ces derniers se fassent à la présence des cavaliers et à leurs montures, reconnaît Aurélie Planche. Ces agents ont des connaissances dans les animaux et savent encadrer un troupeau."

Des agents pour surveiller pas pour tirer

Si cette dernière concède que cette nouvelle prestation "a un certain coût" du fait du personnel et des équidés mobilisés, elle ajoute que les éleveurs ovins et caprins situés dans le cercle 1(1) sont éligibles à des aides de l'État pour le gardiennage. "Un éleveur de bovins peut aussi nous solliciter, mais il faut qu'il sache que, pour l'instant, il ne peut bénéficier de cette aide", glisse la jeune femme qui insiste sur le fait que ses agents de sécurité ne sont en aucun cas missionnés ni habilités à tirer sur le prédateur, qu'il s'agisse de loups, de chiens errants ou d'ours, l'entreprise proposant son service dans les différents massifs de l'Hexagone. "Cependant, si nos agents voient eux-mêmes un loup, ils prendront des photos et communiqueront l'information aux autorités", indique-t-elle.

Contact : Aurélie Planche : 06 32 24 15 76 ou serenitesecurite@orange.fr

(1) Se renseigner auprès de la Chambre d'agriculture : 04 71 45 55 00.

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