L'Union du Cantal 23 février 2005 � 00h00 | Par Renaud Saint-André

Un "pôle d´échanges" sur l´emploi en agriculture se met en place

Le salariat en agriculture véhicule une mauvaise image, aujourd´hui injustifiée. Face aux besoins croissants de main d´oeuvre, plusieurs organisations ont décidé de réagir.

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Les salariés en agriculture sont rares. Pourtant, entre des structures agricoles qui s´agrandissent et une main d´oeuvre familiale qui tend à diminuer, les besoins augmentent. Les demandes d´embauches se multiplient, notamment au sein de groupements d´employeurs. Face à ce paradoxe, le président national des groupements d´employeurs a souhaité que différents partenaires unissent leurs efforts pour trouver une solution. Michel Combes, éleveur à Prunet et employeur de main d´oeuvre, a convié Chambre d´agriculture du Cantal, Adasea, MSA, mais aussi ANPE, Mission locale et centres de formation à réfléchir à la manière d´organiser une dynamique départementale.

Des partenaires autour d´une table

Une première réunion, organisée mercredi 16 février à Aurillac, a conclu à la nécessité de créer un "pôle d´échanges sur l´emploi en agriculture". Certains partenaires, qui se rencontraient pour la première fois, ont admis la nécessité de savoir sur qui s´appuyer pour répondre aux questions des candidats ou des employeurs potentiels. Il s´agit bien, en effet, de s´adresser simultanément aux deux publics concernés. Premier objectif : dresser un état des lieux. Arnaud Vigier, de la Chambre d´agriculture, voit passer des dizaines de jeunes par an sans projet d´installation à cours terme. De son côté, en sa qualité de secrétaire général de la FDSEA, Michel Combes remarque que les chefs d´exploitations ne sont pas formés pour embaucher. Il prend pour exemple l´Etude prévisionnelle à l´installation des jeunes agriculteurs (Epi) qui n´évoque pas le besoin de main d´oeuvre. La MSA, par la voix d´André Peyronnet, ajoute qu´il n´est pas rare que l´employeur potentiel, même face à un besoin criant, reste réticent : présence d´une personne étrangère à la famille sur l´exploitation, craintes des lois relatives au travail...

Combien ça rapporte ?

"La première question est relative au coût", affirme Michel Combes. "Elle est incomplète si on ne se pose pas simultanément la question de ce que va rapporter en plus cette main d´oeuvre. Le salarié n´est pas qu´une charge", estime-t-il. Pour en savoir plus, des formations en direction des futurs employeurs devraient être mises en place. Parallèlement, les établissements de formation agricole devraient s´engager à mieux informer étudiants et stagiaires sur le salariat. Mais du chemin reste à faire : ce qui peut se révéler être une bonne opportunité continue, hélas, de véhiculer une mauvaise image. La changer constituera un chantier prioritaire pour le pôle.

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