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Le tour du monde en trois jours dans les allées du Sommet

La 20e édition a drainé un nombre impressionnant de délégations étrangères. À l’export, la France a de sérieuses cartes à jouer.

12 octobre 2011 Sophie Giraud Vu 1275 fois
Faute de ministre, c’est le préfet de la région Auvergne, Francis Lamy, qui a inauguré la 20e édition du Sommet de l’élevage, qui s’est ouverte mercredi dernier à Clermont-Ferrand. Le ministre de l’Agriculture n’a officiellement pas été en mesure de se libérer. Les responsables professionnels l’ont regretté. Certains, à l’instar du président de la FNB, Pierre Chevalier, se sont déclarés déçus, sans pour autant focaliser leur attention sur cette absence. “C’est dommage que le ministre ne voit pas cette vitrine exceptionnelle, car ne l’oublions pas, le Sommet de l’élevage est une chance pour l’économie française. Tous les savoir-faire de l’élevage sont là”, a insisté, Xavier Beulin, le président de la FNSEA. Il faut dire que le Sommet version 2011 n’a pas manqué de perspectives, avec des présentations animales, des concours de très hauts niveaux et surtout des délégations étrangères largement au rendez-vous. C’est l’ensemble de ces éléments que Roger Blanc, président du Sommet de l’élevage, a exposés au préfet de région, Francis Lamy, au cours de la visite officielle. Une visite qui a démarré dans le Hall 1 pour rejoindre assez rapidement celui des bovins viande. Au programme, discussion avec des éleveurs de la race limousine, qui disputait son concours national cette année au Sommet. Xavier Longy, éleveur en Corrèze, a expliqué en quoi la tenue du concours au sommet était un plus : “Les visiteurs sont plus nombreux que lors d’un concours traditionnel, ce qui nous permet de récolter davantage de contacts.” En ce 20e anniversaire du Sommet, cet éleveur ne croyait pas si bien dire, tant les échanges de contacts ont été denses. Tunisie, Algérie, Maroc, égypte, Libye, Kazakhstan, Chine, Mexique… plus de 3 000 visiteurs étrangers ont participé au premier rendez-vous européen des races à viande, à l’affût de génétique, de bêtes et de savoir-faire.
 

Des perspectives

 

Si l’élevage français connaît encore des difficultés, l’horizon semble se dégager. “Nous sommes dans un état d’esprit d’optimisme raisonné”, a précisé Pierre Chevalier. En témoigne, l’augmentation de 25 % des exportations de viande bovine française sur les pays du Maghreb depuis le début de l’année. Au Liban, la France commence à faire son trou. Elle a exporté 40 000 têtes cette année, sur un potentiel de 140 à 150 000. La demande explose un peu partout dans le monde. Et l’Amérique du Sud n’est finalement pas au rendez-vous, beaucoup de terres ayant été retournées au profit des productions végétales. “La combinaison d’une offre plus limitée du troupeau laitier, la stabilisation de la consommation de viande en Europe et l’augmentation de la demande en animaux finis et en viande ouvrent incontestablement des portes pour l’élevage français à l’export”, estime Yves Trégaro de FranceAgriMer.

 

 
Les délégations étrangères sont venues nombreuses au Sommet.

Les délégations étrangères sont venues nombreuses au Sommet. - © S.G.

Diversifier les marchés

 

Alors il faut s’organiser pour ne pas passer à côté de ce qui semble dépasser la simple opportunité. Dominique Langlois, président d’Interbev, milite pour que le dossier export dispose d’une stratégie : “La demande mondiale explose, nous avons donc tout intérêt à être présent auprès des pays demandeurs. La qualité et la sécurité sanitaire de nos produits sont des atouts à mettre en avant. D’où la nécessité de se mettre en ordre de marche à travers le GIE export.” Pas question pour lui de faire marche arrière sur le GIE export, quand bien même deux familles s’y opposent. “Les portes restent ouvertes.” Pour Bernard Oudin, du cabinet Bléza, la ferme France est connectée à deux marchés : domestique et italien, “deux marchés qui toussent un peu actuellement”. D’où la nécessité de se réadapter, “en développant plus fortement la culture de la diversification des marchés et en faisant évoluer les stratégies de production et de filières”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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