Le bilan de santé de la Pac redonne perspectives et espoir aux éleveurs
Sans détour, la Chambre d’agriculture, réunie en session en fin de semaine dernière, a jugé le bilan de santé de la Pac très positif, presque “inespéré”. L’accord du 20 novembre se veut le garant d’une politique agricole plus équitable. Dans le Cantal, comme dans l’ensemble des zones d’élevages, on s’accorde à reconnaître que Michel Barnier a été sur ce point particulièrement efficace. Le ministre français a réussi à Bruxelles un véritable tour de force, malgré la contrainte de 26 autres états membres. Le soutien à l’herbe au sein du premier pilier était, notamment, très attendu. Il est désormais possible. Après la présentation par Thierry Boulleau des grandes lignes de cette “boîte à outils”, certains élus de la Chambre d’agriculture avouaient en coulisses que s’ils avaient dû écrire cette révision, ils n’auraient pas fait mieux !

Selon Thierry Boulleau (ici au premier plan), inscrire le soutien à l’herbe dans le premier pilier de la Pac constitue une “révolution”. - © P. O.
La traduction franco-française
Une question demeure en suspend néanmoins : quelle application en fera la France ? Naturellement, les éleveurs sont derrière leur ministre pour qu’il en fasse une traduction à la hauteur des espoirs que suscitent cet accord. Le président de la Chambre d’agriculture, Louis-François Fontant, estime que pour la mettre en œuvre au niveau franco-français, il est indispensable que l’ensemble des représentants de l’état dans le département fassent remonter les mêmes demandes. Il sait pouvoir compter sur l’appui du préfet, Paul Mourier, et sollicitera rapidement les parlementaires et les responsables de collectivités départementales et régionales. Ses priorités : une politique de l’herbe conséquente dans le premier pilier et la reconnaissance d’un lait produit en montagne qui mérite bien un soutien de 40 euros par 1 000 litres (voir ci-dessous). Pour être crédible, le préfet met lui en garde la profession qui, à son sens, a intérêt à parler d’une seule voix. Allusion aux divisions qui menacent une même famille syndicale nationale aux intérêts très différents, selon les productions défendues.
Vigilance encore, tant que...
Ces nouvelles perspectives, si elles redonnent l’envie d’exercer sa profession avec enthousiasme, ne devraient pas pour autant empêcher les responsables agricoles d’agir. “Il nous reste encore deux mois de travail pour la traduction de ces accords. On y croira que quand se sera fini”, avertit, vigilant, Louis-François Fontant.
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