L'Union du Cantal 01 juillet 2020 à 16h00 | Par P.Olivieri

Le numéro 2 tricolore du spa veut relocaliser sa production dans le Cantal

Développons heureux, développons cachés, telle pourrait être la devise de la famille Vernière. Sa société de vente de spas en ligne est aujourd’hui n°2 du marché national et ne cesse de progresser.

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Alexandra Vernière a remis le 24 juin à Jean-François Collin un chèque de 41 100 €au profit de l’association des médecins du bassin d’Aurillac qui a avancé des fonds nécessaires à la mise en place des centres médicaux d’arrondissement pour le Covid-19.
Alexandra Vernière a remis le 24 juin à Jean-François Collin un chèque de 41 100 €au profit de l’association des médecins du bassin d’Aurillac qui a avancé des fonds nécessaires à la mise en place des centres médicaux d’arrondissement pour le Covid-19. - © UC

Mon premier est une installation de bien-être qui a vu ses ventes bondir durant le confinement, mon deuxième est la prononciation chinoise approximative d’un prénom féminin tricolore, mon tout est une entreprise cantalienne qui s’est hissée dans le top 2 national sur son marché tout en perçant à l’international. Même les plus perspicaces risquent de se tordre l’esprit pour résoudre cette charade… Un indice : c’est à la deuxième génération d’une famille cantalienne à l’esprit entrepreneurial solidement arrimé et aux activités diversifiées que l’on doit cette réussite. Langue au chat ? La bonne réponse est Spa Alina, une société spécialisée dans la conception et la vente en ligne de spas.

L’un des meilleurs services clients de France

C’est en 2008, à son retour de Chine, où elle a suivi son compagnon, qu’Alexandra Vernière, diplômée de l’école de commerce de Clermont-Ferrand, a l’idée pour le moins originale d’explorer ce créneau des bains à remous. “Quand j’étais en Chine, on avait monté une entreprise de contrôle qualité, on contrôlait un peu tout : des fleurs artificielles, des calèches pour chevaux,… mais aussi des salons de jardins et des spas, un produit qui semblait avoir du potentiel alors qu’émergeait le e-commerce en France”, relate la chef d’entreprise qui a d’abord eu recours au système D. “C’est un copain qui m’a fait le site de e-commerce, j’ai commencé par travailler à la maison…” s’amuse Alexandra.

Les débuts sont timides avec quelques dizaines de spas commercialisés à l’année. Une bonne décennie plus tard, les ventes ont été multipliées par 100 et Spa Alina approche les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les moteurs de cette trajectoire, Alexandra Vernière les a affichés mercredi 24 juin, lors d’une petite cérémonie venant ponctuer une belle opération solidaire (lire ci-dessous) : “Une équipe exceptionnelle, dévouée, ultra-performante”, a loué la dirigeante reconnaissant un management à la fois collaboratif et maternaliste auprès de ce groupe de jeunes salariés cosmopolites. “Nous bénéficions de l’un des meilleurs services clients en France et d’une excellente e-réputation”, affiche la gérante .

Pour preuve de cette implication sans faille de ses collaborateurs : leur engagement lors du confinement : “On s’est retrouvé des soirs jusqu’à minuit, des week-end et jours fériés pour faire les colis pour nos clients.” Autres vecteurs de cette réussite bouillonnante : un soutien sans faille de la banque verte et un double ancrage territorial.

Showroom aurillacois

Si les racines et l’attachement sont ici, avec un siège social aurillacois avenue Pompidou, le pied-à-terre parisien de l’entreprise lui assure un rayonnement et des contacts nationaux et européens.

Spa Alina expédie sa gamme de spas aux noms évocateurs des plus belles plages de la planète chez les voisins belges et, depuis peu, dans la péninsule italienne. Il y a deux ans, forte d’une croissance annuelle à deux chiffres, l’entreprise a souhaité renforcer son siège cantalien avec la construction d’un showroom de 1 000 m2 et d’un dépôt. “Mais la croissance a été telle qu’avant même d’être livré, le site était déjà sous-dimensionné”, confie Alexandra Vernière qui a donc doté la société d’un second bâtiment à Vic-sur-Cère, inauguré il y a quelques semaines dans la nouvelle zone d’activité de Comblat.

Des investissements réalisés “au profit exclusif” des entreprises du Cantal, tient à souligner la dynamique et avenante dirigeante.

En quête d’un partenaire industriel local

Aujourd’hui plus que jamais, la famille Vernière (Bertrand, son frère, œuvrant à la direction financière et sur la partie immobilière) veut promouvoir son identité cantalienne et contribuer au développement de ce territoire, avec l’idée de relocaliser sa production.“On s’y est essayé il y a quatre ans, sans succès, mais on a aujourd’hui l’expérience de cet échec et on est prêt.

Le Covid a de plus montré que quand on produit loin, on s’expose à plein de soucis”, estime Alexandra aujourd’hui à la recherche d’un partenaire industriel local. Depuis sa création, Spa Alina sous-traite l’usinage de ces installations à deux fournisseurs chinois, “ou plutôt on sous-loue une partie de l’usine car c’est nous qui concevons les modèles, les moules… On maîtrise tout le process avec quatre personnes sur place”, fait valoir l’entrepreneuse qui a ainsi lancé un appel du pied aux représentants de la CCI et du Département pour l’accompagner dans ce projet.

(1) Issu d’une famille d’horticulteurs de Molompize, Dominique Vernière, le père d’Alexandra, a fondé Florinand avec son épouse Brigitte. Il est à la tête aujourd’hui d’une holding immobilière et de plusieurs autres sociétés.

41 100 € pour les centres médicalisés

“Alors que nous pensions partir pour un très mauvais mois d’avril, nous avons réfléchi à faire une éventuelle promotion et l’idée est venue de participer nous aussi à l’effort collectif envers nos soignants” : Spa Alina décide donc au début du confinement de reverser 200 € sur chaque spa vendu aux soignants imaginant une contribution modeste.

Entre-temps, les commandes se sont littéralement envolées, multipliées par quatre, permettant ainsi à l’entreprise de réaliser une donation de quelque 41 100 € au bénéfice de l’association des médecins du bassin d’Aurillac.

Cette somme, a indiqué Jean-François Collin lors de la remise de ce chèque, qui servira au financement des trois centres médicaux sécurisés d’arrondissement mis en place par le Conseil départemental de concert avec l’Ordre des médecins qu’il préside, pour accueillir les Cantaliens potentiellement porteurs de Covid, allégeant ainsi les cabinets médicaux libéraux. Installés initialement dans des collèges, ces centres, dotés d’équipes mobiles, ont depuis été déménagés et servent aujourd’hui de centres de tests (en format drive).

Le docteur Collin s’est félicité de cette solidarité et de ce don “qui va permettre de compenser toute l’avance faite par l’association des médecins du bassin d’Aurillac”. Des remerciements réitérés par le président Bruno Faure qui a salué la capacité de l’entreprise et de son équipe performante  à “se retourner pendant cette période difficile au lieu de se résigner”.

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