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Contrats Lactalis

Le temps travaille pour les producteurs

Les groupements de producteurs Lactalis appellent à ne pas signer la nouvelle version de contrat proposée par l’industriel.

27 octobre 2011 P. Olivieri Vu 1493 fois
Claude Bonnet, membre de la délégation des groupements (en haut) : “Rien n’a été négocié, rien ne doit être signé !”

Claude Bonnet, membre de la délégation des groupements (en haut) : “Rien n’a été négocié, rien ne doit être signé !” - © P. O.

Signer ou ne pas signer, that is the question. Si on est loin du dilemme shakespearien, les producteurs de lait livrant à Lactalis s’interrogent depuis le courrier que leur a adressé le groupe industriel le 7 octobre. Une lettre dans laquelle le leader mondial du marché laitier (13,6 milliards de litres de lait collectés en 2010) annonce posément l’arrivée prochaine dans leur boîte aux lettres d’une proposition de contrat individuel intégrant “les éléments positifs qui ont fait l’objet d’un consensus (NDLR : avec les groupements de producteurs)”.

Un courrier dont Claude Bonnet, président du syndicat des producteurs de lait de la Châtaigneraie livrant à Valmont (Lactalis) et représentant des groupements du bassin laitier Auvergne-Limousin, a toujours du mal à digérer comme ses collègues de la centaine de groupements fédérant les “producteurs Lactalis” qui se sont structurés dans l’Hexagone. “Au début, les négociations qui ont commencé avec Lactalis début juillet se sont relativement bien passées tant qu’on est resté sur des points très techniques et tant que n’a pas été abordé le point essentiel d’achoppement : la signature tripartite des futurs contrats (NDLR : entreprise/ producteur/groupement), explique Claude Bonnet. Mais lors des deux dernières réunions, les positions de Lactalis se sont durcies et le 27 septembre, on a clairement compris qu’ils voulaient en finir le soir même sans rien lâcher sur le caractère tripartite des contrats.”

 

Surtout, “ne pas signer”

Face à cette position tranchée, la délégation de groupements a choisi d’ajourner les négociations sans se douter que ses interlocuteurs allaient quelques jours plus tard prendre la plume pour annoncer aux producteurs que “le chantier de la contractualisation est désormais finalisé”, s’engageant clairement dans une partie de poker menteur et une course contre la montre.

“L’objectif de Lactalis est de boucler au plus tôt ce dossier avant que ne paraisse le décret reconnaissant les organisations de producteurs (OP) promis d’ici la fin d’année”, analyse Claude Bonnet. Si ce décret n’imposerait pas aux entreprises d’associer à la signature des contrats les groupements de producteurs ainsi reconnus OP, il conforterait ces derniers en leur confiant un mandat de facturation et déplacerait le rapport de force. Impensable pour le groupe Lactalis qui, selon le président du syndicat de Châtaigneraie, n’a jamais reconnu aux producteurs ni à leurs groupements le droit de négocier : “Ça transpire dans le courrier, à aucun moment le mot négociation n’apparaît, Lactalis ne parle toujours que de discussions.” Du côté des groupements, pas question de renoncer à cette signature tripartite : “C’est la garantie que tous les contrats proposés seront les mêmes, quelle que soit la localisation des producteurs. C’est particulièrement important dans nos zones difficiles”, souligne Claude Bonnet qui fait remarquer que les producteurs qui se sentent aujourd’hui le plus en danger sont ceux des fonds de vallée et/ou disposant de petits quotas.

“C’est eux qui auront le plus besoin du poids des OP”, fait valoir le responsable cantalien. Aussi, ce dernier appelle les producteurs du département à ne rien signer : “Il n’y a aucune urgence, ni date butoir légale à signer, la seule échéance qui nous est finalement imposée c’est celle de la fin des quotas...”, expose C. Bonnet pour qui la balle est dans le camp de Lactalis, aujourd’hui isolé dans sa position, Danone, Bongrain et Senoble ayant eux accepté un contrat à trois parties. “Seule la non signature des contrats ramènera Lactalis à la table de négociations”, assure-il.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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