L'Union du Cantal 22 janvier 2004 a 00h00 | Par Pascal Piganiol

Filière porcine : comment sauver le premier maillon ?

Aboutissement de l´IGP Auvergne, partenariat avec les salaisonniers locaux et aides ponctuelles: trois pistes pour sauver la production porcine.

Abonnez-vous Reagir Imprimer

Ils étaient tous là : présidents des organisations professionnelles agricoles, des coopératives, des groupements de producteurs, directeurs d´abattoirs, salaisonniers, fabricants d´aliments, élus de la région et du département, représentants de l´administration... , réunis à Aurillac à l´invitation de la FDSEA et des JA. "Si ça continue, on aura une filière sans producteurs", a souligné d´emblée Christian Guy, président de la section bovine de la FDSEA, en rappelant que les éleveurs vivent dans l´indifférence générale une crise presque ininterrompue depuis 1999. "Le syndicalisme ne veut plus jouer les pompiers... On est au bout d´un système, il faut trouver d´autres modes de fonctionnement", poursuivait Patrick Escure, président de la FDSEA, en enjoignant les entreprises "à se soucier des producteurs et de leur territoire".  

Faire aboutir l´IGP Auvergne  

Trois pistes de travail ont été discutées.

En premier lieu, l´IGP Auvergne, "une chance fantastique pour les producteurs, à condition qu´il en reste...", stigmatisait Georges Champeix, président de l´association nationale Porc montagne. En effet, une grande partie des salaisons auvergnates est fabriquée à partir de porcs importés, d´Espagne notamment. Lier la production au territoire au travers d´une IGP permettrait d´éviter de telles dérives. Georges Champeix a expliqué comment ce dossier avait pris deux ans de retard à l´Inao et les dissensions au sein de la filière qui l´empêchent d´avancer : "Mais il y a maintenant un début d´accord sur une zone de production élargie", précisait-il, ajoutant qu´il reste un profond désaccord avec les grands salaisonniers, favorables à un très faible pourcentage de porc auvergnat dans les produits sous IGP (15 à 20 % semble-t-il...). C´est pour défendre face à ces grands groupes industriels le point de vue de ceux qui utilisent majoritairement des porcs de la région que les salaisonniers du Cantal ont créé une association, ont indiqué Jean-Pierre Dutrevis et Henri Manhès.  

Se rapprocher des salaisonniers locaux  

Deuxième piste : un partenariat plus étroit avec les salaisonniers locaux. Les éleveurs sont persuadés que leur production ne suffirait pas à couvrir les besoins des entreprises du département. Les salaisonniers affirment le contraire. A Henri Manhès qui se plaignait pourtant de ne pas trouver de jambon frais sur la région, Gérard Dutoit, directeur de MC Porc, a vertement répondu "qu´il y a plus de porcs produits dans le Cantal que n´en utilisent les salaisonniers".Sur ces malentendus qui n´ont pas été levés, tout le monde convenait qu´il fallait travailler en filières et trouver autant que possible les moyens de valoriser la production locale.

"C´est au niveau de l´abattage et de la découpe qu´il faut s´organiser pour la mise en marché... si 250 boites se concurrencent pour vendre à 4 ou 5 gros acheteurs, dans 5 ans, il n´y aura plus de porcs dans la région", estimait Gérard Dutoit.

Quels que soient les efforts qu´ils feront, les salaisonniers locaux ne pourront pas à eux seuls sauver les producteurs. "Personne ne pourra vous donner durablement les 2 F du kilo qu´il vous manque", analysait M. Pallut (Condat), jugeant qu´il faudrait trouver les moyens d´aider ponctuellement les éleveurs. Finalement, salaisonniers et producteurs ont admis le principe de se retrouver pour travailler ensemble.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Union du Cantal se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,